Dans notre corps и notre organisme, chaque élément a sa raison d’être, même l’appendice. D’ailleurs, lorsque sa valeur est minimisée, il se rappelle à notre bon souvenir, s’enflamme, и on l’enlève (boutade). Tout a une cause et une conséquence. Les attaques de panique, tout comme les crises d’angoisse, ont non seulement leur cause, mais aussi ce que l’on appelle un « bénéfice secondaire ».

Pourtant, la plupart des personnes confrontées aux attaques de panique (AP) souhaitent simplement supprimer le symptôme. Uniquement le symptôme. Leur demande au psychothérapeute résonne ainsi : « Faites en sorte que je ne les ressente plus jamais ». Notez bien : ne plus jamais ressentir, ne plus traverser, ne plus éprouver. À première vue, cette demande semble légitime, mais nous reviendrons sur ce désir plus loin dans cet article.

Lors d’une attaque de panique, une personne peut ressentir :

Lors de la première crise, on appelle généralement les urgences. Les médecins, après avoir effectué un ECG, mesuré la tension et constaté que tous les paramètres vitaux sont au vert, suspectent une AP et orientent le patient vers un psychiatre ou un psychothérapeute.

Cependant, beaucoup de patients ne choisissent pas les voies simples (comprendre : scientifiques et académiques). En règle générale, ils s’automédiquent et testent tout, de la valériane à des traitements très lourds qui ne devraient être prescrits que par un médecin spécialiste après une anamnèse rigoureuse.

Précisons d’emblée : je suis « pour » les médicaments. Je trouve juste et humain de faire uneanesthésie avant de soigner une carie dentaire. Le traitement médicamenteux est, dans certains cas, pleinement indiqué et nécessaire. Mais il est crucial d’éviter l’automédication, de dépasser les vieux clichés du type « psychiatre = électrochocs » et de ne pas avaler ce que « la collègue de bureau a conseillé ».

Ensuite commence souvent le pèlerinage à la recherche de mages capables de camoufler le « bouton qui couve » pour que personne ne le voie. Certains tentent de chasser l’AP par des prières, de l’eau bénite ou des rituels traditionnels. Leffet placebo existant, cela aide parfois, mais superficiellement et pour peu de temps.

Enfin, certains franchissent héroïquement le pas de consulter un spécialiste. Et le psychiatre, parallèlement aux médicaments, recommande à son tour une psychothérapie. Pourquoi ? Parce que les médicaments apaisent la tension biologique née des circonstances, du stress یا d’un traumatisme. Mais ils ne résolvent pas la tension psychologique, c’est-à-dire le rapport du sujet à la situation.

Or, si l’on veut réellement traiter les AP, c’est cette tension qu’il faut dénouer. Et cela n’est possible qu’en comprenant sa nature, sa source, sa cause. Cherchez la… cause, comme on dit.

Le principe de la panique et le piège du contrôle

Il est essentiel de comprendre le mécanisme de la panique. Par définition, elle est incontrôlable. L’effroi ressenti est immense. Le psychisme envoie un signal indiquant que cet état lui est insupportable et tente par tous les moyens de l’anticiper, de l’éviter. C’est alors que s’enclenche automatiquement une fonction de pseudo-contrôle permanent, 24h/24.

Soumis à ce régime d’épuisement, notre esprit bugue et tourne en boucle sur des pensées obsessionnelles. Avoir peur de la peur, c’est vivre dans l’attente anxieuse de la prochaine crise et revivre, encore et encore, sa propre impuissance.

Cesser d’avoir peur d’avoir peur, reprendre le contrôle cognitif sur les vagues émotionnelles et développer des réactions comportementales adaptées : tel est l’un des objectifs de la thérapie. Les techniques des thérapies cognitives et comportementales (TCC) s’avèrent ici particulièrement efficaces. Mais le cœur du problème se situe plus bas.

Ce que cache la peur : les causes non évidentes des AP

Les attaques de panique, l’anxiété aiguë, l’étouffement, l’impuissance… tout cela parle de la peur. Et la peur est une émotion que nous n’aimons guère approcher. C’est un tort. Car la peur nous met en mouvement autant qu’elle нам protège. L’important est de comprendre son message et de canaliser son énergie à notre profit. Cela vaut d’ailleurs pour toutes nos émotions authentiques.

Dans la pratique clinique, les causes les plus fréquentes — et souvent les plus masquées — des AP sont :

  1. Les émotions non vécues, inexprimées ou intériorisées comme interdites.Par exemple, la colère est encore souvent perçue socialement comme négative ou honteuse. On confond fréquemment le sentiment et le comportement. Il convient pourtant de dissocier : le sentiment de colère (que l’on ne peut que ressentir et conscientiser), les pensées (ce qui suscite précisément cette colère) et le comportement. Beaucoup s’imaginent que s’autoriser à ressentir de la colère conduira inévitablement à un passage à l’acte agressif. C’est le contraire qui se produit. Plus on refoule une émotion, plus les manifestations seront explosives ou se retourneront contre soi (auto-agressivité), s’enkystant dans le corps.
  2. La réaction au stress (immédiate ou différée).Le psychisme doit obligatoirement traiter chaque événement. Un impact émotionnel fort requiert d’immenses ressources internes. Parfois, des vécus vieux de quinze ans — ou plutôt les émotions qui y sont verrouillées — agissent comme une bombe à retardement et explosent au moment le moins attendu. Ce sont des « tâches de fond » dont la date de péremption n’arrive jamais tant qu’elles ne sont pas liquidées.
  3. Un moyen d’attirer l’attention des proches.Exprimer ouvertement son besoin d’attention, demander à être rassuré, entouré ou pris en charge n’est pas toujours aisé ni valorisé dans notre culture. Pourtant, le besoin de chaleur humaine est universel. Le psychisme peut alors emprunter des voies détournées. L’état de souffrance se fige inconsciemment comme le seul prétexte légitime pour recevoir l’amour et le soutien requis.
  4. Une autorisation ou un motif d’éviter ce qui fait peur ou ce que l’on refuse de faire.Alfred Adler soulignait que l’anxiété a un but : c’est un mécanisme de défense qui nous paralyse pour nous éviter d’agir. Nous pourrions simplement choisir de ne pas faire une chose, mais cela nous obligerait à nous confronter à nos propres complexes. En laissant agir l’anxiété, nous pouvons affirmer que nous sommes « trop effrayés » pour oser essayer (Carlson, Watts & Maniacci, 2006). L’AP devient un excellent moyen de reporter sa vie à plus tard et un argument imparable pour dire « NON » sans avoir à prononcer le mot.

Plus on fuit ses ressentis, plus on cherche à gommer certains traumatismes ou à masquer ses émotions, plus ces dernières s’expriment avec force à travers le corps. Ce sont de véritables squelettes dans le placard. Ils ne disparaîtront pas tant que le travail thérapeutique n’aura pas été accompli. C’est la seule voie pour les apaiser и s’en libérer définitivement.

Le chemin de la thérapie

En thérapie, le patient apprend à décoder ses sentiments et à les accepter. On ne peut gouverner ce que l’on ignore ou ce qui нам terrifie. L’alphabétisation émotionnelle dissipe les croyances erronées, libère des schémas de pensée rigides et enseigne l’expression saine des émotions.

Dès lors, l’énergie émotionnelle n’est plus accumulée jusqu’à l’explosion, mais canalisée de façon constructive. C’est ce qui permet de ne plus être le prisonnier de ses pensées obsédantes, mais d’en devenir le maître et de choisir la stratégie comportementale la plus adaptée.

L’attaque de panique n’est pas une condamnation à perpétuité. C’est le signal qu’il est temps — et que l’occasion est belle — de faire un grand ménage intérieur, de se délester du superflu et d’accéder à un niveau supérieur de conscience et de qualité de vie.

Je nous souhaite à tous la santé, l’harmonie intérieure et la joie de vivre !

Chaleureusement, votre psychologue et psychothérapeute, Tetiana Korinenko-Vasylevska.

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